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Envie de combiner vos rêves d’évasion avec votre passion pour le street-art ? Envolez-vous vers une île ou une métropole où les murs murmurent, crient ou soupirent ! Car, c’est bien souvent à ciel ouvert, dans la rue, sur les trottoirs et les façades que l’art nous révèle le vrai visage d’une ville. De Madrid à Reykjavik, tour d’horizon des destinations magiques pour les amateurs de street-art !
À Er-Riadh, à quelques kilomètres des spots ultra-touristiques de Djerba, se niche Djerbahood, un musée de street-art à ciel ouvert. Mehdi Ben Cheikh, directeur de la Tour Paris 13 et de la galerie Itinerrance, a laissé le vent de liberté de la révolution tunisienne souffler sur ce village traditionnel djerbien pour créer une manifestation d’art urbain expérimentale unique. Les murs peints à la chaux se sont parés de mille et une couleurs jetées, pochées et collées par plus de 150 street-artistes de 30 nationalités différentes. De ROA à Seth, de Sean Hart à Bom.K en passant par eL Seed et Curiot, les barons contemporains du street-art racontent à travers leurs tags, leurs collages et leurs pochoirs la grande histoire de ce petit village et du monde entier. Un véritable panorama du street-art mondial à échelle humaine !
L’antique capitale est l’une des scènes du street-art les plus dynamiques du monde. Là, les murs se parent de gigantesques fresques et de pochoirs fantasmagoriques pour raconter avec poésie et humour noir la crise et le désarroi d’un peuple. Rendez-vous dans le très libertaire quartier d’Exárcheia,l’épicentre historique du street-art athénien. À l’angle des rues Emmanouil Benaki et Arachovis, WD rend hommage aux pauvres et aux sans-abris en peignant, sur dix mètres de long, un homme allongé en chien de fusil. Toujours à Exárcheia, l’Italien BLU peint sur l’un des murs du parc Navarinou une fresque grandiose qui ne fait qu’un avec ce bel îlot de verdure. Une chouette, symbole de la déesse de la sagesse Athéna, s’est installée à Metaxourgeío ; WD reprend ici une citation de Jimi Hendrix : « La connaissance parle mais la sagesse écoute »… De leurs chevelures ondulées et leurs visages sommeillants, les légendaires princesses de Sonke habillent les rues de la cité d’une mélancolie toute poétique. À Psiri, les graffeurs Billy Gee, Alex Marinez, N. Grams rendent hommage à Loukanikos, le chien mascotte des manifestants anti-austérité. Pour une immersion totale de trois heures en français dans l’univers du street-art athénien guidée par un graffeur, adressez-vous à Alternative Athens !
De Tetúan à Lavapiés, les street-artistes madrilènes interrogent, bousculent ou font rêver. Plaza del Poeta Leopoldo de Luis, dans le quartier de Tetúan, on contemple l’une des œuvres les plus emblématiques de la capitale espagnole signée Suso 33, le baron de l’art urbain espagnol. Les contours d’une marée humaine qui forment la silhouette d’une personne plus grande nous interrogent sur la place de l’individu par rapport à la masse. Calle Marqués de Viana, Gonzalo Borondo peint un diptyque à l’acrylique à grande échelle pour condamner les violences policières contre le mouvement 15-M. Un homme et une femme, les mains derrière le dos, nous regardent du coin de l’œil, résignés. À Lavapiés, on explore la Tabacalera, une ancienne usine à tabac devenue le centre officieux du street-art contemporain à Madrid. Les murs, les sols, les plafonds accueillent des graffitis et des œuvres de street-art dans le cadre du « Madrid Street Art Project ». À Malasaña, on retrouve Muelle, le pionnier du street-art madrilène, dont les célèbres tags sont intimement liés à la Movida Madrileña. Pour une visite guidée et des ateliers sur le thème du street-art, contactez le collectif Cool Tour Spain !
Dans la capitale islandaise, le street-art explore un univers mystérieux ; il raconte les légendes de feu et de glace de cette île sauvage dans un langage coloré et psychédélique. Les rues célèbrent l’alliance entre l’underground punk rock et le folklore populaire. À Njálsgata, on rencontre « Furry Flight », cette étrange créature mi-oiseau, mi-poisson à la queue torsadée, imaginée par l’artiste islandaise Sara Riel. Tout près du port de Reykjavik, trois fresques murales de l’Australien Guido Van Gelten inspirées des archives photographiques d’Andrés Kolbeinsson ornent l’ancien théâtre de Loftkastalinn. Les images à grande échelle sont tirées d’une représentation théâtrale de Huis Clos de Sartre. Les aigles du très prolifique artiste islandais Selur One s’agrippent à plusieurs façades de la ville ; des arcs-en-ciel égayent les trottoirs du cœur de la ville pour nous montrer le chemin de la diversité ou éclairer la fabuleuse licorne de Lora Zombie. Sur Laugavegur, l’artère principale de la ville, une créature de Caratoes, inspirée par la chanson du groupe islandais Ylja « Ode à la mère », s’empare d’une grande bâtisse. Si vous êtes de passage début novembre, ne manquez pas « Wall Poetry », un festival unique organisé par Iceland Airwaves et Urban Nation où 10 artistes de rue interprètent en peinture les notes de 10 musiciens sur les murs.
À Tel-Aviv, l’art urbain ne dort jamais ! C’est surtout au sud de la capitale, à Florentin, que le fleuron du street-art israélien fleurit les murs de la ville… On y retrouve les fameux pansements de Dede qui guérissent les blessures de la société israélienne, les étranges créatures de Klone ou le personnage poétique de Know Hope qui incarne la vulnérabilité humaine. Les fresques murales de Rami Meiri, le parrain du street-art en Israël, redessinent le paysage de la capitale depuis plus de 30 ans ; les amusants personnages géométriques d’Ali Sened réalisés au pochoir colorent la Ville Blanche. Les guides de Grafitiyul vous embarqueront pour un tour dans le quartier de Florentin, de jour comme de nuit ; les historiens de l’art d’Alternative Tel Aviv vous apprendront la différence entre graffiti, tag et street-art tandis que Guy Sharett de StreetWise Hebrew vous donnera toutes les clés pour déchiffrer les murs de la ville et comprendre la société israélienne à la lumière du street-art.